Vous attendiez tous la suite de l’histoire de la malle d’Henri. La voici.

Nous avions quitté ce pauvre Henri Mouhot dans le désespoir d’avoir perdu ses insectes collectés dans la forêt d’Angkor. Et bien avant de reprendre le cours de l’histoire, je reproduis un document attestant d’un fameux rebondissement.
C’est une lettre rédigée en anglais. Henri s’exprimait parfaitement dans cette langue. Il avait d’ailleurs épousé une Anglaise. Et n’oublions pas qu’il effectuait ses explorations sous le parrainage de la Royal Geographical Society. Aucune institution française n’ayant répondu à ses requêtes de parrainage...

Je vous invite à prendre le temps de prendre connaissance de ce document.

La malle d'Henri (8)

 

Reprenons le récit à présent.

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Fin 1860, Henri Mouhot est encore à Bangkok. Il prépare son prochain voyage à Luang Prabang au royaume du Laos. Deux jours avant son départ, coup de théâtre ! Il reçoit un courrier des autorités portuaires de Singapour l’informant que ses caisses ne figuraient pas sur le registre de cargaison du bateau naufragé. Dans l’imminence de son départ, l’explorateur adresse une lettre à la Maison Gray, Hamilton & Cie, la pressant de lui fournir des explications. C’est donc empli de l’espoir de retrouver sa chère cargaison qu’Henri Mouhot quitte Bangkok.

La malle d'Henri (7)

 

Le voyage vers Luang-Prabang est long et éprouvant. Mais le cadre de la cité enchante le voyageur qui y séjourne quelque temps. Avant de poursuivre vers le cours supérieur du Mékong.

La malle d'Henri (6)

 

 

Henri Mouhot n’a que 35 ans quand il entreprend ce voyage. Tourmenté par les moustiques, ces démons auxquels Dante a oublié de donner un rôle dans son enfer, qui le harcèlent sans relâche, il est épuisé. Le 5 septembre 1861, il cesse brutalement d’écrire son journal, ne consignant que quelques notes brèves. Henri veut rentrer à Luang Prabang.

Le 29 octobre, sur le chemin du retour, le désespoir le pousse à écrire ces derniers mots :

 

Ayez pitié de moi, ô mon Dieu !

 

Consumé par les fièvres, Henri Mouhot s’éteint le 10 novembre 1861. À moins d’une heure de pirogue de Luang-Prabang...

La malle d'Henri (5)

 

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Quel tragique et injuste destin que celui de ce cher Henri...


Mais l’histoire ne s’arrête pas là ! Nous savons désormais que sa précieuse cargaison n’a pas coulé à l’entrée du port de Singapour. Dans le prochain épisode, vous découvrirez pourquoi elle était si précieuse à l’entomologiste. Ce qu’elle contenait était proprement inouï. Ce qu’elle contenait ? Et oui ! Car une partie de cette cargaison a été retrouvée. Et il n’y a pas longtemps qui plus est. C’était dans le courant de l’hiver qui vient de s’écouler. Je ne vous en dis pas plus. Vous saurez bientôt dans quelles circonstances et par qui a été retrouvée la malle d’Henri.

La malle d'Henri (9)

 

 

(à suivre...)

Et si vous voulez lire ou relire l'épisode précédent, vous le trouverez ici.