Dans le cours des pensées vagabondes et flâneries bangkokoises de l’épisode 4 de La malle d’Henri, je fais allusion à la grande inondation de Bangkok en 2011. À l’encontre des scènes de panique que diffusèrent les médias d’alors, l’artiste et photographe documentaire thaïlandais Miti Ruangkritya replace la catastrophe dans une forme de stupeur grave. Les lieux sont déserts, comme des épaves déjà englouties, plongés dans une atmosphère onirique renforcée par le parti-pris des prises de vue nocturnes et le jeu des reflets. Derrière la paix apparente des images, c’est l’anxiété de l’attente qu’a voulu traduire Miti dans cette chronique de la tragédie. Les nuits interminables de millions de concitoyens aux prises avec la peur du noir, avec le cauchemar de la précarité face à la menace de l’eau.

 

13-05-08, Imagining Flood by Miti Ruangkritya1

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13-05-08, Imagining Flood by Miti Ruangkritya3

 

 

Notule

Intitulé Imagining Flood, ce travail a été présenté entre autres au festival de Phnom Penh en 2012. Dans le passage de l’épisode 4 de La malle d’Henri où il est fait allusion à cette catastrophe, vous trouverez un lien vers un article du Journal de la Photographie consacré à ce travail. 

Avis aux lecteurs et commentateurs (merci !) de la première heure de mise en ligne de cet épisode (j'avais paré au plus pressé) : il a été justement enrichi de nombreux liens qui permettent autant de digressions qu’on voudra.