14-05-04, Belles de Chine

À la lisière du carnage du poteau '10M50', Rosa chinensis ‘Emmy Grey’ et ‘Mutabilis’ ont frissonné ce matin dans le soleil levant. 4° il a fait. Les saints de glace rôdent. Depuis Pâques, nous sommes aux tisons. C’est tant mieux. Le froid a ralenti la cadence folle des floraisons. Les roses de Chine sont indéniablement des Chinoises. Elles ont l’éclat sourd d’un coffret de laque, le velouté de la joue d’une cycliste pékinoise qui file et disparaît dans la fraîcheur d’un matin de mai. Elles sont les filles des roses sauvages qui poussent dans les paysages mouillés du légendaire pays de Shu, dans la compagnie des brumes du mont Emei. Dont il est dit dans le Guide Bleu (p. 593 de l'édition 2007) à propos d'une de ses voies de pèlerinage :  "On rencontrera des singes, quelque peu insolents, surtout entre la terrasse du Cédrel et le Bain de l'éléphant". On y dit encore qu'autrefois les pèlerins "sautaient de joie dans le vide", quand parvenus au sommet ils découvraient le soleil au-dessus des nuages. On n'y dit pas en revanche les senteurs mystérieuses et grisantes de ce paradis végétal.

Notules

Le mont Emei, John Reeve, les jardins de Fa-tee à Canton, Joséphine, La Malmaison et le peintre Redouté... beaucoup à raconter sur ces perles chinoises, mais hélas trop de tâches en cours pour m’y consacrer aujourd’hui. On trouvera quelques pistes dans l’article de Wiki qui leur est consacré et des informations très précises sur cette page (en anglais).