14-06-21, Voyage au Congo, Marc Allégret, 1926-

C’est l’été. Je note un voyage au Congo à effectuer à Cahors aux côtés de Marc Allégret et André Gide. Dix mois initiatiques dans l’Afrique coloniale des années 1920 avec des malles remplies de livres. Hadrien, Antinoüs et la lecture de Bossuet. Fera l’objet d’une prochaine livraison.

C’est l’été. Il coule un soleil de plomb sans discontinuer. Près de deux semaines que l’eau est absente. J’abreuve le jardin comme je peux. C’est dérisoire, je le sais. L’herbe sèche le dit, qui craque sous les pieds. Je revois Eva l’an dernier à Lacaze tanguer dans son dehors derrière ses arrosoirs.

14-06-21, Les alliums se déballent (3)

C’est l’été. Au Brésil, le monde entier joue au ballon. Ici, je regarde médusée les érigérons, les knautia, les achillées s’enlever au-dessus de la mêlée écrasée de soleil sur la pointe des pieds, flotter dans l’air brûlant sur le passage des papillons, avec les verveines de Buenos Aires et les alliums sauvages. Ceux-ci les oiseaux les ont apportés. Ils étaient là avant mon arrivée. Je les ai seulement aidés à se regrouper par affinités. J’en ai compté trois ou quatre familles. Ils sont menus mais hauts. Pendant les échanges de balles de Roland Garros, ils enflent, se trémoussent et se tortillent sur leur tige. Et clac, d’un coup ils font péter leur membrane, en rajustent un lambeau sur leur tignasse, exhibent sans vergogne leurs organes, et chatouillent le nez de leur parfum qui sans conteste est de l’ail. Farouches, ils ne se laissent photographier qu'avec beaucoup de difficultés.

14-06-21, Les alliums se déballent (1)

14-06-21, Les alliums se déballent (2)