Parkinson (2)

 

Le 12 juillet 1771, James Cook jette l’ancre de L’Endeavour dans le port de Plymouth. Au bout de trois ans d’exploration scientifique dans le Pacifique sud pour le compte de la Couronne britannique.

Joseph Banks est le capitaine de l’équipe des naturalistes embarquée en août 1768. Il rapporte 3 600 spécimens de plantes séchées, dont près de la moitié inconnue de la science occidentale, et un millier de croquis.

 

La botanique est la passion de Banks. Il l’a contractée en lisant la Systema Naturae de Carl von Linné. Le système de classification du vivant proposé par le naturaliste suédois a emballé le jeune Anglais, qui rêve de courir le monde pour le mettre en pratique. Il veut être chasseur de plantes. Il le devient quand la mort de son père le met à la tête d’une coquette fortune en 1761.

Lorsque Banks a vent des préparatifs de départ de L’Endeavour, il décide de joindre la mission à ses frais, entraînant dans l’aventure le botaniste Daniel Carl Solander, ancien élève de Linné, les peintres Alexander Buchan et Sydney Parkinson, et cinq autres collaborateurs. Tous les neuf doivent partager les 30 m2 de la capitainerie avec Cook et ses officiers.

 

Buchan meurt à l’escale de Tahiti. Le jeune Parkinson devient l’œil de L’Endeavour. Il dessine sans relâche mais, submergé de travail, dépasse rarement le stade du croquis annoté. Les conditions sont difficiles. Le papier rongé par les insectes et l’humidité. Une préoccupation constante pour Banks et Solander avec le séchage des plantes. Lors du débarquement dans la bien nommée Botany Bay, site de la future Sydney en Australie, puis pendant l’exploration des côtes orientales, la moisson végétale explose. Pendant 5 mois, Parkinson produit 400 croquis. Il travaille jusque tard dans la nuit, à la lumière des lampes à huile et des bougies qui saturent de fumée l’atmosphère confinée de la cabine.

 

L’Endeavour a besoin d’être remis en état. Cook décide d’y procéder à Jakarta avant de prendre la route du retour. L’escale indonésienne est un désastre. Tandis que le navire file vers Le Cap, la dysenterie et le paludisme emportent trente hommes de l’équipage. Dont Sydney Parkinson. Il a vécu 26 ans. Il a vu des prodiges.

 

Parkinson (1)

 

Presque tous les croquis rapportés par L’Endeavour sont ceux du jeune homme. Banks engage dix-huit graveurs pour que ces travaux soient publiés. Tout en finançant de nouvelles chasses aux plantes aux quatre coins de l’empire de George III.

Le mécène de l’exploration botanique britannique s’éteint en 1820, sans connaître l’édition de l’œuvre de Parkinson. C’est le British Museum qui en hérite à la mort de Banks, avec sa bibliothèque et ses collections. L’édition complète paraît enfin en 1989.