12 février 2018

#161 Dans le miroir des apparences

        Les nuages, en principe, ne laissent pas de trace. Gérard Macé, Pensées simples, Gallimard, NRF, 2011 Un peu de lumière s’attarde dans une flaque. Fragment de ciel oublié dans la saison obscure. Combien d’anges ont fui par la fenêtre de la nuit pour des lointains qu’on ne sait pas ? Dans les territoires du silence où nos pensées se recueillent, nous leur allumons des étoiles, puis les regardons s’éteindre dans l’ellipse du chemin, dans la trajectoire du jour.   Plus de deux mois que la... [Lire la suite]
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09 janvier 2018

#160 Écrire est une présence

Dans un grain de sable pris dans l'ourlet d'un costume d'hiver d'Emma Bovary, dit Janine, Flaubert a vu le Sahara tout entier, et la moindre poussière pesait autant à ses yeux que la chaîne de l'Atlas. Il m'est souvent arrivé de m'entretenir avec Janine de la conception flaubertienne du monde ; cela se passait en fin de journée, dans sa chambre où les notes, lettres et écrits de toute sorte s'entassaient en si grand nombre que l'on était pour ainsi dire immergé dans un flot de papier. Sur le bureau, point d'ancrage et foyer initial... [Lire la suite]
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27 octobre 2016

#157 Le cheminement

Je ne fais jamais rien qu'à la promenade, la campagne est mon cabinet ; l'aspect d'une table, du papier et des livres me donne de l'ennui, l'appareil du travail me décourage, si je m'assieds pour écrire je ne trouve rien et la nécessité d'avoir de l'esprit me l'ôte. Je jette mes pensées éparses et sans suite sur des chiffons de papier, je couds ensuite tout ça tant bien que mal et c'est ainsi que je fais un livre. Jugez quel livre ! J'ai du plaisir à méditer, chercher, inventer, le dégoût est de mettre en ordre ; et la preuve que... [Lire la suite]
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29 mars 2016

#155 Le rendez-vous du cerisier

J’ai lu bien des choses et peu de choses me sont arrivées.Jorge Luis Borges C'est quand même beau, un livre, pensé pour être tenu dans les mains, pour tomber sur les genoux quand on s'endort, pour être lu dans un sofa, un train, une barque, là où il n'y a aucune prise électrique, qui se souvient par la fatigue de ses pages du nombre de fois où l'avez feuilleté, ou, à l'inverse, demeurant tout rigide, vous rappelle que vous ne l'avez pas encore lu. Umberto Eco, Libération 21 mars 2002 Silence. Il y a des entités, des choses... [Lire la suite]
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29 octobre 2015

#146 La grammaire vagabonde

  Les feuilles quittent le ciel Il coule de l’or et le jardin se défait Fanes affalées Fards barbouillés sur les matins mouillés S’il fallait choisir entre le mire-fleur et le mire-feuille, je serais bien embarrassée. Apparition. Disparition. Le printemps et l’automne bouleversent mon cœur d’artichaut avec la même intensité et font monter les images, les mots, les pensées japonaises. À propos de mots, je referme un livre délectable – doublement car cadeau amical. Un crapahut en 150 pages au pays des merveilles... [Lire la suite]
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03 octobre 2015

#143 Les jardiniers de Melle

Nous sommes les cousins des oiseaux et des fleurs. Et des étoiles. Nous faisons partie d’un même récit.Jean-Claude Ameisen, Le Monde, 23 & 24 août 2015 Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin.Rainer Maria Rilke, Les cahiers de Malte Laurids Brigge C’est fini. À Melle, on a tiré le rideau le dernier week-end de septembre sur la 7e édition... [Lire la suite]
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19 septembre 2015

#141 Barcarolle pour un été

Je ne suis pas venu ici pour me trouver nez à nez avec un naïf souvenir de jeunesse... et c’est pourtant lui qui se place au tournant [...] ! C’est une leçon ... C’est lui maintenant, c’est l’Autre qui me donne une leçon d’expérience ! Sans doute son air détaché et désintéressé m’apprend la vanité de ce que je suis venu rejoindre ici. Si j’avais un peu de foi pour le petit dieu de voyage – qui ne m’a pas quitté, – je lui soumettrais ce cas étonnant de conscience, ce problème de topographie dans l’espace et dans le... [Lire la suite]
11 mars 2015

#121 Quelque part, entre le réel et le possible

Les plus beaux inventaires restent ceux qui révèlent des relations jusque là insoupçonnées entre les choses ou les êtres. Hubert Haddad, Le nouveau magasin littéraire, Zulma, 2006 Dans un ensemble parfait, l’hiver s’en va à petits pas, sans se retourner, et le printemps arrive sur la pointe des pieds. Je le dis carrément : je suis en communion avec un livre. (pendant que le jardin sous le ciel est plongé, depuis plus d’un mois, pour des motifs variés et pour près d’une moitié, dans une BÉANCE gadouilleuse, un CHAOS... [Lire la suite]
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15 novembre 2014

#111 Les pas de l’eau et la mémoire du vent

C'est fou, le nombre de causes qui cet automne m'ont emportée vers l'Iran. Dont un mince livre jaune. Je l’ai trouvé en poussant à Tulle la porte de la librairie du petit garçon de la banquise et du caillou. Je crois que je n’ai jamais vu ça une librairie comme celle-là. Des milliers et des milliers de livres. En rayonnages mais aussi en piles. Au bout d’un moment, ça n’est plus de la librairie, mais de la géographie. On emprunte des chemins de traverse. On suit une ligne de crête. On découvre un raccourci. Et c’est comme ça que... [Lire la suite]
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29 octobre 2014

#108 Figures libres sur ciel d’Orient

Il existe cependant des instants éblouissants et trop brefs où nous cessons de percevoir les choses comme isolées, solitaires, autonomes, disjointes, orphelines et où les harmoniques qui régissent leur ordonnance nous parviennent dans un déferlement éperdu, heureux. [Nicolas Bouvier, L’Échappée belle, éloge de quelques pérégrins, Metropolis, Genève, 1996] Il fait des jours beaux comme des pains juste sortis du four. Du ciel au sol dorés à point. Avec des points du jour et des crépuscules festonnés de rose. Et des nuits limpides... [Lire la suite]
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