14 janvier 2017

#159 Là où vivent les dragons

Les montagnes en hiver sont lourdes de nuages sombres et épais l'homme demeure lointain et silencieux. Guo Xi  C'est moins de l'eau que je me souviens... que de ce brusque éclaircissement du paysage, cette soudaine éclaircie. Pourquoi donc l'impression nous est-elle donnée de façon plus fatale, plus ample, plus dramatique par n'importe quel ruisseau ou quel fleuve, que par tel lac ou bassin? Car l'horizon d'amont et d'aval est infini, et le mouvement nous rend la chose plus présente, plus actuelle et donc plus touchante, plus... [Lire la suite]
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29 décembre 2016

#158 L’inconnu de Hong Kong Park

Tu sais ce qu’est une histoire ? Une métaphore enrichie. Nous vivons dedans. Nous vivons dans ce tourbillon d’histoires écrites par des scribes cachés. […] Nous nous représentons la mémoire comme un disque dur, et à certains égards elle s’en approche, mais elle en est aussi très éloignée. C’est un plateau et un metteur en scène, et avec le temps la pièce change, les personnages évoluent, mais c’est une drôle de pièce parce que nous perdons de vue ce que ces personnages étaient pour nous jadis. La mémoire n’est pas statique... [Lire la suite]
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27 octobre 2016

#157 Le cheminement

Je ne fais jamais rien qu'à la promenade, la campagne est mon cabinet ; l'aspect d'une table, du papier et des livres me donne de l'ennui, l'appareil du travail me décourage, si je m'assieds pour écrire je ne trouve rien et la nécessité d'avoir de l'esprit me l'ôte. Je jette mes pensées éparses et sans suite sur des chiffons de papier, je couds ensuite tout ça tant bien que mal et c'est ainsi que je fais un livre. Jugez quel livre ! J'ai du plaisir à méditer, chercher, inventer, le dégoût est de mettre en ordre ; et la preuve que... [Lire la suite]
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26 janvier 2016

#154 Le chant de la gouttière

    Si j´obéis à la nature, qu´aurais-je à craindre ?Wang Ji Vos embarras cesseraient si vous vous teniez près du commencement des phénomènes et si vous traitiez les choses en choses au lieu de vous laisser traiter en choses par les choses.Zhuangzi, Livre 20.       Pleuvoir. 1. Verbe impers. a) ca 1140 «tomber en parlant de la pluie» (Geffrei Gaimar, Hist. des Anglais, éd. A. Bell, 1956); b) 1remoitié XIIes. «tomber en grande quantité à la manière de la pluie» (en parlant de la manne) (Psautier... [Lire la suite]
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29 avril 2015

#130 Un pur espion

En 1855, Hachette publie un récit intitulé Aventures de Robert Fortune dans ses voyages en Chine à la recherche des fleurs et du thé. Malte-Brun le présente en ces termes au public français :Le voyageur dont l’ouvrage va nous occuper a fait à deux reprises plus de six mille lieues pour se rendre de Londres en Chine, et le lecteur ne devinerait jamais dans quel but, si nous ne venions immédiatement à son aide. M. Robert Fortune n’était, en effet, attiré dans le Céleste Empire, ni par l’ambitieuse idée d’une grande affaire... [Lire la suite]
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23 juillet 2014

#102 L’homme qui aimait les bambous

À Prafrance, le long du Gardon d’Anduze, courent les nefs végétales d’une forêt de bambous géants. Les plus vieux ont plus de 150 ans et toisent à 20 m. Les oiseaux ne vont pas dans la pénombre de leurs voûtes. Il y règne le silence, avec les parfums de la paille et de l’humus. Sauf les jours de vent, qui fait monter le chant d’une houle des herbes arborescentes. Frissons d’eau des feuilles. Grincement furtif des tiges qui s’animent. Froissement d’une écaille qui tombe en voletant. Trouées de lumière — le soleil est là-haut sans... [Lire la suite]
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04 mai 2014

#90 Belles de Chine

À la lisière du carnage du poteau '10M50', Rosa chinensis ‘Emmy Grey’ et ‘Mutabilis’ ont frissonné ce matin dans le soleil levant. 4° il a fait. Les saints de glace rôdent. Depuis Pâques, nous sommes aux tisons. C’est tant mieux. Le froid a ralenti la cadence folle des floraisons. Les roses de Chine sont indéniablement des Chinoises. Elles ont l’éclat sourd d’un coffret de laque, le velouté de la joue d’une cycliste pékinoise qui file et disparaît dans la fraîcheur d’un matin de mai. Elles sont les filles des roses sauvages qui... [Lire la suite]
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27 avril 2014

#89 Tigre et dragon

Bang-bang. Ça fait un paquet de mois que je rêve de le supprimer. Tout au début, ça ne me faisait rien. J’étais plutôt indifférente à sa présence. C’était à peine si je remarquais sa silhouette droite et hautaine, tellement déplacée. Aux beaux jours, il jette sur le jardin une ombre raide et oblique. Comme une rature. De toute façon, il faut se résigner. Il était là avant moi. Je n’ai aucun pouvoir d’y changer quoi que ce soit. Pire, nous tous ici dépendons de lui. Sans lui, tous les biens que nous contraint un jour ou l’autre à... [Lire la suite]
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19 avril 2014

#87 Le jardin et l'océan

Il faudra repartir Et vous, ravissements,ciels gonflés d’étoiles,poissons,morsures du cœur,lumière embrassante des regards,échos et prestiges,serez-vous encore là ? Nicolas Bouvier, Il faudra repartir, textes réunis et présentés par François Laut Édition établie en collaboration avec Mario Pasa Payot, 2012     Le mot qui cristallise tout, c’est le mot d’échelle. [...] l’un des sens d’« échelle » était autrefois celui de « port ». Le port permet de quitter une île, un monde clos, et de voguer vers... [Lire la suite]
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30 janvier 2014

#75 Tribulations vaporistes

Ma foi, voici un début d’an avec un Œil coi. Une fois lancé ma messagère de l’an neuf, remontée comme une pendule, et réglé le pas sur l’inspiration poétique de Philippe Jaccottet, en lui délégant tout le soin de dire l’empreinte sur le jardin du parfum des violettes, je me suis laissée accaparer. C’est comme ça que L’Œil s’est trouvé coi. Ce n’est pas la première fois. En novembre dernier, j’avais délaissé les billets pour avoir totalement plongé dans les yeux de Louis [Delaporte], transi de passion pour l’art « abandonné aux... [Lire la suite]