29 décembre 2016

#158 L’inconnu de Hong Kong Park

Tu sais ce qu’est une histoire ? Une métaphore enrichie. Nous vivons dedans. Nous vivons dans ce tourbillon d’histoires écrites par des scribes cachés. […] Nous nous représentons la mémoire comme un disque dur, et à certains égards elle s’en approche, mais elle en est aussi très éloignée. C’est un plateau et un metteur en scène, et avec le temps la pièce change, les personnages évoluent, mais c’est une drôle de pièce parce que nous perdons de vue ce que ces personnages étaient pour nous jadis. La mémoire n’est pas statique... [Lire la suite]
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27 octobre 2016

#157 Le cheminement

Je ne fais jamais rien qu'à la promenade, la campagne est mon cabinet ; l'aspect d'une table, du papier et des livres me donne de l'ennui, l'appareil du travail me décourage, si je m'assieds pour écrire je ne trouve rien et la nécessité d'avoir de l'esprit me l'ôte. Je jette mes pensées éparses et sans suite sur des chiffons de papier, je couds ensuite tout ça tant bien que mal et c'est ainsi que je fais un livre. Jugez quel livre ! J'ai du plaisir à méditer, chercher, inventer, le dégoût est de mettre en ordre ; et la preuve que... [Lire la suite]
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29 octobre 2015

#146 La grammaire vagabonde

  Les feuilles quittent le ciel Il coule de l’or et le jardin se défait Fanes affalées Fards barbouillés sur les matins mouillés S’il fallait choisir entre le mire-fleur et le mire-feuille, je serais bien embarrassée. Apparition. Disparition. Le printemps et l’automne bouleversent mon cœur d’artichaut avec la même intensité et font monter les images, les mots, les pensées japonaises. À propos de mots, je referme un livre délectable – doublement car cadeau amical. Un crapahut en 150 pages au pays des merveilles... [Lire la suite]
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13 octobre 2015

#144 Mire-feuille

Quand souffle le vent les feuilles rouges tombent sur l’eau si limpide que le fond reflète celles restées sur l’arbre sans tomber Oshikôchi no Mitsune Il automne comme dans la chanson de Barbara à pas feutrés Le ciel embrasse la terre qui lui tend le front Son baiser sent le bois La lumière a des feuilles La nuit des étoiles fraîches pour parer les arbres nus et dire aux amis lointains la dimension du silence Le jour surgit lentement au droit du matin. Il n’a fallu qu’une poignée de jours, d’heures presque, pour qu’opère la... [Lire la suite]
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03 octobre 2015

#143 Les jardiniers de Melle

Nous sommes les cousins des oiseaux et des fleurs. Et des étoiles. Nous faisons partie d’un même récit.Jean-Claude Ameisen, Le Monde, 23 & 24 août 2015 Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin.Rainer Maria Rilke, Les cahiers de Malte Laurids Brigge C’est fini. À Melle, on a tiré le rideau le dernier week-end de septembre sur la 7e édition... [Lire la suite]
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19 septembre 2015

#141 Barcarolle pour un été

Je ne suis pas venu ici pour me trouver nez à nez avec un naïf souvenir de jeunesse... et c’est pourtant lui qui se place au tournant [...] ! C’est une leçon ... C’est lui maintenant, c’est l’Autre qui me donne une leçon d’expérience ! Sans doute son air détaché et désintéressé m’apprend la vanité de ce que je suis venu rejoindre ici. Si j’avais un peu de foi pour le petit dieu de voyage – qui ne m’a pas quitté, – je lui soumettrais ce cas étonnant de conscience, ce problème de topographie dans l’espace et dans le... [Lire la suite]

10 juin 2015

#139 Trois bonheurs de mai

Avec un thermostat bloqué en position maxi pendant dix jours XL, le printemps s’est évaporé. Sous mes yeux incrédules, juin a déballé le plein été. Inexplicablement, il a coulé du brûlant ici, du brûlant là, et encore là-bas au fond du jardin. Tendu un grand ciel blanc sur la journée comme un miroir aveuglé. Un déluge de chaleur a saisi le printemps de tous les côtés. Tout ça avec une évidence encombrante, au point que même les orages n’ont pas bronché. Juin placarde une saison inédite et muette. Il fait chaud à tirer les volets,... [Lire la suite]
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24 mai 2015

#138 Par les brèches frêles des fleurs

  (Encore ? Encore des fleurs, encore des pas et des phrases autour de fleurs, et qui plus est, toujours à peu près les mêmes pas, les mêmes phrases ? Mais je n’y puis rien : parce que celles-ci étaient parmi les plus communes, les plus basses, poussant à ras de terre, leur secret me semblait plus indéchiffrable que les autres, plus précieux, plus nécessaire. Je recommence, parce que ça a recommencé : l’émerveillement, l’étonnement, la perplexité ; la gratitude, aussi.) _ Et s’il y avait un... [Lire la suite]
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14 mai 2015

#137 Papaver sans paparoles

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09 mai 2015

#136 L’officine du bout du monde

En 1691, le médecin allemand Engelbert Kaempfer (1651-1716), recruté par la Compagnie des Indes hollandaises, vient prendre ses fonctions à Deshima. Au Japon sans y être : Deshima est un ilot artificiel que les Shôgun ont établi dans la rade de Nagasaki pour y contenir les étrangers. Le dispositif doit permettre d’éviter que des idées barbares ne s’en aillent essaimer à travers l’archipel. Un unique pont relie Deshima à la côte. Une seule nation a le droit d’y établir sa factorerie : les Pays-Bas. Pour avoir aidé le Shôgun... [Lire la suite]
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