24 décembre 2015

#152 L’hiver clandestin

    L’hiver est là. Depuis deux jours. En passager clandestin. Rien, aucun signe ne le trahit. L’hiver se terre. Les jours les plus courts sont des jours radieux de plein été. Qui ont le goût d’un goûter sur l’herbe. Il fleurit des roses qui ne sont pas de Noël, mais de mai.             Le ciel du matin est rose, bleu, orange, violet. Pareil le soir. Le ciel ne sait plus quoi inventer. Il se coud des galons dorés et des poignets de dentelle. Au beau milieu des... [Lire la suite]
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03 décembre 2015

#151 La sidération des brouillards

Malgrémalgré toutle mal qu'on nous a fait.Malgrétout ce qu'il faut subiret faire subir aux autres.Malgréla guerreles enfants mutilés, martyrisésl'enfer que tant de nous s'infligentet infligent aux autresMalgrémalgré toutne dressons pas le malet le bien face à face.Ils vont, ils sont ensembleen nouset dans le cours aventureux des siècles.En face du malen face du bienIl n'y a rienrien que la vie ensemble. Henry Bauchau, Malgré tout Il n’est pas toujours commode de se déprendre de la sidération des brouillards. Les brouillards... [Lire la suite]
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18 octobre 2015

#145 Liant déliant

  Doutant du regard doutant de la voix doutant du passage réel de l’amour dans les bois enroués par l’hiver Suivant le courant la voie des rivières relisant du cœur les points les accents la course légère de ses lignes bien espacées Doutant redoutant l’arrêt du soleil des songes du temps des dons du sommeil ne redoutant plus l’air en mouvement l’écriture claire liant reliant déliant l’émoi de sa mécanique légère Henri Bauchau, Poésie complète, Actes Sud, 2009
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18 juillet 2015

#140 L’homme qui porte de l’eau

" Ah ça, on est mal. Il risque d’être long, le mois d’août... Ca faisait un moment que je me disais : il faudrait quand même arrêter de rester les bras croisés à la regarder passer, la rivière. L’eau de la rivière, elle est pas à la commune, elle est pas à la SAUR, elle est à tout le monde. Et cette eau-là, il y en aura toujours. Ca baisse un peu le soir, quand les agriculteurs arrosent les maïs, mais le lendemain c’est revenu. Ca a toujours été comme ça. Et qu’est-ce que tu veux, moi je peux pas supporter de voir ce qu’on a... [Lire la suite]
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10 juin 2015

#139 Trois bonheurs de mai

Avec un thermostat bloqué en position maxi pendant dix jours XL, le printemps s’est évaporé. Sous mes yeux incrédules, juin a déballé le plein été. Inexplicablement, il a coulé du brûlant ici, du brûlant là, et encore là-bas au fond du jardin. Tendu un grand ciel blanc sur la journée comme un miroir aveuglé. Un déluge de chaleur a saisi le printemps de tous les côtés. Tout ça avec une évidence encombrante, au point que même les orages n’ont pas bronché. Juin placarde une saison inédite et muette. Il fait chaud à tirer les volets,... [Lire la suite]
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07 avril 2015

#126 Passage vers le jour

sur le satin fané d’un pétale des perles d’eau dérobées à la lisière de la nuit c’est le printemps qui passe message tracé à la hâte cacheté de lumière par le jour    
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21 mars 2015

#123 Rivages

  L'espace est mon jardin La mer l'habite Toute entière avec ses vents lointains Les planètes lui rendent visite La vie la mort Égales jouent à la marelle Et moi captive libre j'erre au bord De longs jours parallèles Anne Perrier, Le Livre d'Ophélie, Payot 1979
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22 janvier 2015

#119 Au miroir de ma fenêtre

quelque part ......................... où nous cessons d’être autres que nous-mêmes où nous ne sommes plus que l’ébranlement comme saisis de stupeur d’effroi et sans défense profondément désarmés Jong N. Woo, L’ébranlement, Éditions Jacques Brémond, 2007 Pur miroir du cœur, reflet infini Éclairant le vide aux mondes sans nombre En lui toutes choses se montrent, ombres, lumières Perle irradiante : ni dedans ni dehors Xuan Jue (VIIIe siècle).Traduction François Cheng, Toute beauté est singulière, Peintres chinois de la... [Lire la suite]
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15 décembre 2014

#115 Le petit pas de la puce

Un peu de Pourpre — glissé entre les deux — Une Culotte de Rubis — enfilée à la hâte — Une Vague d’Or — un Glacis de Jour — Voilà ce qui fait le ciel du matin ! [1861 Emily Dickinson, Poésies complètes, traduction Françoise Delphy, Flammarion, 2009] Nous y sommes enfin. À la Sainte Lucie. Chaque soir désormais le jour prend à la nuit une seconde de lumière. À la porte de l’hiver. Tout petit pas de la puce volé à la Sainte Luce. Ma grand-mère m’a enseigné ce sort pour conjurer la nuit de décembre. Il sonne encore à mes... [Lire la suite]
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10 décembre 2014

#114 La grâce du dénuement

Comme la fumée dans le vent, comme les rêves à la fin de la nuit, comme la chaleur au coucher du soleil, tout le pays s’en alla à la dérive. Tout le pays les accompagna, ne laissant qu’une plaine désertique derrière lui, une sinistre région ravagée, une terre désenchantée. Mais dans sa précipitation à obéir au sortilège, le royaume y dissémina quelques vestiges : toutes ces petites ritournelles, ces souvenirs anciens, ces jardins et arbustes d’aubépines du temps passé qui, bien que balayés par le reflux, hésitèrent trop... [Lire la suite]
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